Culture et TIC

Veille et débats sur les technologies de l'information et de la communication appliquées au secteur culturel.

05 mai 2006

Culture et TIC en veille...

aplusSuite à la prise de nouvelles responsabilités professionnelles, le temps consacré à la mise à jour de "Culture et TIC" se fait de plus en plus rare. La régularité étant ici essentielle, il me paraît plus sage de mettre en veille ce blog pour quelques mois et de le figer en l'état.
Très chers lecteurs, je tiens à vous remercier pour votre intérêt, votre régularité et pour vos témoignages de sympathie dans cette aventure très enrichissante. En espérant vous retrouver dans un avenir proche,

@mitiés.

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15 décembre 2005

TIC- Sauvegarder le Web, un défi pour la BNF et les autres

sauv_webHabilitée d'ici peu à réaliser le dépôt légal de l'Internet, c'est-à-dire à collecter et conserver tous les documents du réseau, la Bibliothèque Nationale de France se prépare, tout comme ses consoeurs européennes, à un véritable défi technologique et documentaire (voir l'Expansion, 14/12/05).
La croissance continue du Web et son caractère dynamique et éphémère, posent de véritables problèmes pour sa sauvegarde à long terme.
Plusieurs pays, parmi lesquels le Canada, le Danemark, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, l'Afrique du Sud et le Royaume-Uni ont promulgué une loi pour étendre le dépôt légal aux publications numériques. En France, la question est d'actualité avec le projet DADVSI.
A l'instar de la BNF (en collaboration avec l'INA), plusieurs bibliothèques nationales, comme celles de l'Autriche, de la République Tchèque, du Danemark, de la Finlande, de l'Allemagne, de la Lituanie, des Pays-Bas, de la Norvège, de la Suède et du Royaume-Uni ont commencé à constituer des archives numériques à l'échelle nationale en utilisant diverses approches :

  • la sauvegarde sélective des ressources statiques du Web, c’est-à-dire des ressources qui ne changent pas ou qui ne contiennent pas d'éléments interactifs ou dynamiques. Le Danemark, le Canada et le Japon sont les principaux adeptes de cette approche ;
  • la sauvegarde sélective des ressources statiques et dynamiques du Web. C'est l'approche de l'Australie ;
  • la capture complète d’un domaine, c’est-à-dire, la récolte automatique du Web d'un pays entier en faisant l’usage de robots de collecte et d'un minimum d'intervention humaine. La Suède, la Finlande, l'Islande et la Norvège appliquent cette approche ;
  • la combinaison des techniques de sélection et de capture de domaine. Le robot programmé par la BNF stocke de manière automatique et sélective les ressources qui peuvent présenter une valeur pour la recherche ;
  • la sauvegarde basée sur des accords de collaboration avec les éditeurs commerciaux. La Bibliothèque Nationale des Pays-Bas a développé une infrastructure technique commune avec les organisations professionnelles et les éditeurs commerciaux, pour archiver, préserver et fournir un accès limité à l'ensemble des oeuvres numériques. Elle reconnaît de même, la nécessité de travailler avec les éditeurs sur l'archivage du « Web invisible », qui reste hors de portée des moteurs de recherche, et qui contient une énorme quantité d'informations de grande valeur.

Les tentatives de sauvegarde du Web sont encore en grande partie expérimentales. Pour une approche plus détaillée, se référer à l'étude de Michael Day de l'Université de Bath au Royaume-Uni, "Collecting and preserving the World Wide Web", 2003.

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21 novembre 2005

FR- Marketing et communication des bibliothèques

diapositive1La stratégie de communication de la médiathèque envers ses publics est devenue un enjeu primordial dans le contexte actuel national de léger repli du nombre d’inscrits, de recul de la fréquentation, et de tension dans les milieux défavorisés.
J’ai eu récemment la chance de participer à une journée de formation interne sur ce thème, organisée par la société Shaman pour le compte d’une importante médiathèque de la région Centre.
Avant ma propre intervention qui clôturait la journée, beaucoup de notions importantes sur les publics furent évoquées.
En voici quelques-unes, livrées en vrac :

  • Les jeunes (jusqu’à 14 ans) restent le premier lectorat de France
  • Il est difficile de convertir les jeunes lecteurs en lecteurs adultes (il y a un passage à vide entre 20 et 30 ans)
  • L’installation dans la vie (vie professionnelle, vie maritale, enfants) est un facteur déterminant pour le retour des adultes à la lecture
  • La féminisation du lectorat des médiathèques se poursuit et s’accentue
  • Le lectorat de la PQN vieillit fortement et ne concerne plus que 40% des adultes
  • L’exigence de proximité de la médiathèque se situe dans un intervalle de 15 minutes, au-delà duquel il devient difficile de toucher la population
  • Le nombre de tables et de chaises disponibles dans les locaux influe directement la fréquentation
  • La satisfaction des visiteurs est toujours très élevée, les insatisfaits ne se trouvant pas parmi les visiteurs !

Autour de ces notions, il est important de s’interroger sur les caractéristiques d’une communication qui réussirait à intéresser favorablement les usagers actuels et potentiels de la médiathèque.
Ma présentation portait ainsi sur « les outils de communication de la médiathèque en direction de ses publics » (plan), en vue de répondre à 3 principales questions :

  • Quels sont les principes d’une communication efficace ?
  • Comment différencier l’offre de la médiathèque au travers de la communication ?
  • Quel type de communication pour réussir l’accueil de nouveaux publics et la fidélisation des publics habitués ?

Les différences importantes de perception de l’établissement et de l’offre entre les non-visiteurs, les visiteurs et le personnel, sont à l’origine d’un problème d’image et de positionnement de la bibliothèque d’aujourd’hui.
Le marketing doit d’abord aider celle-ci à segmenter ses services en les positionnant au centre des collections et des moyens (humains, matériels, financiers) dont elle dispose, de l’audience à laquelle elle souhaite s’adresser, et des attentes auxquelles elle souhaite répondre.
Le marketing de la bibliothèque n’est pas forcément un processus compliqué à mettre en oeuvre, il répond simplement à une rigueur d'auto-questionnement et de compréhension du contexte, qui aide au positionnement des services et à la structuration du message à délivrer.

Vient ensuite la communication qui consiste à faire connaître l’offre au public. Il ne peut, en réalité, y avoir de bonne communication externe sans bonne organisation interne. Pour cette raison, une fois la stratégie marketing établie et la mission de la bibliothèque définie, c’est sur la communication interne que le personnel de la médiathèque doit porter son attention.
Elle permet à chacun de partager une même vision de l’établissement et de l’offre de service, d’échanger les bonnes pratiques, les leçons apprises, et de développer l’entraide et le travail en équipe.  Il existe des outils simples et peu coûteux comme la création d’un blog interne, pour étoffer cette communication à l’intérieur des murs.

A ce stade, la stratégie de communication externe de la bibliothèque peut enfin commencer à se dérouler, en s’appuyant sur le personnel lui-même. Le personnel est à la fois :

  • la première ressource de la bibliothèque,
  • constitué de professionnels de l’information,
  • à l’origine de la livraison des services,
  • animé par une volonté de service public.

diapositive25C’est le véritable trésor de la bibliothèque, qui doit se retrouver au cœur du message à délivrer. C’est un puissant vecteur d’image, encore faut-il s’attacher en parallèle, à bien différencier l’offre dans la communication.
On peut aller jusqu’à décliner autant de messages qu’il y a de public à cibler. Des messages-clés pour les non-visiteurs, les visiteurs et les internautes. D’autres pour fidéliser les inscrits ou accueillir de nouveaux publics. Des messages spécifiques pour les audiences spécifiques de jeunes, de chercheurs, de publics défavorisés, empêchés…
En déclinant ces différents messages sur différents supports traditionnels et électroniques, on définit un plan de communication véritablement adapté aux publics actuels et potentiels de la bibliothèque.

On a longtemps dit de la bibliothèque qu’elle construisait son public. Il est progressivement en train de se produire le contraire. Les enjeux sont réels, moins de visiteurs entraînant moins de prêts, moins de renouvellements des fonds, et de possibles restrictions budgétaires.  Les communes cherchant par ailleurs, à mesurer la portée de leurs investissements culturels.
Ainsi, la bibliothèque de demain devra-t-elle s'interroger sur l’intégration de compétences marketing pour accompagner le changement et mieux placer l’usager au cœur des services, peut-être un peu plus à la place actuelle du livre.

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15 novembre 2005

TIC- Des outils pour la numérisation du patrimoine écrit

Il y a quelque temps, je visitais les locaux bordelais de la société  i2S, suite à sa participation à la conférence « Patrimoine, numérisation et accès aux savoirs » pour son savoir-faire en matière de numérisation du patrimoine écrit.

i2sCréé il y a 25 ans, i2S est un leader international reconnu dans le monde de la vision à haute valeur ajoutée : 10 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 35% à l’export, 50 personnes, des bureaux en Asie et aux USA.
La société est référencée par de nombreuses sociétés industrielles travaillant, entre autres, dans l’impression, l’édition, le contrôle qualité, la découpe et le façonnage, le comptage et l’étiquetage, et la gestion électronique de documents.
Elle est organisée en trois unités : i2S Vision, i2S LineScan, i2S DigiBook. C’est cette dernière qui nous intéresse ici.
i2S DigiBook conçoit, fabrique et commercialise des systèmes de numérisation d’ouvrages reliés et des logiciels de restauration, sur le marché international de la gestion électronique de documents.

Côté hardware, 3 principales gammes de produits au catalogue :

  • la Digitizing line (photo 1, photo 2), qui permet de numériser des ouvrages à la chaîne, à la vitesse de 1500 pages par heure, les pages se tournent toutes seules. Le robot idéal pour tout projet de bibliothèque ou de centre d’archives numériques d’envergure nationale ou internationale.
  • le DigiBook (démo vidéo, 40 Mo), plus adapté aux établissements souhaitant numériser leur propre collection avec un minimum de manipulation et capable de numériser des plans au format A0 (84 X 120 cm).
  • le CopiBook (démo vidéo, 15 Mo), un scanner autonome pour numériser les documents reliés jusqu'au format A2 (42 X 60 cm), qui fonctionne sans éclairage d’appoint (sans risque de dégradation des ouvrages) et qui se manipule très facilement. Il inclut son propre logiciel d'amélioration de l'image. Il intègre un graveur, se raccorde au réseau ou à une clé USB.

Côté software, un logiciel décliné en deux versions :

  • Book Restorer permet d'afficher et de consulter l'ensemble des images numérisées avec un scanner en simulant la structure d'un livre, autorise la retouche des images et l’import et l’export dans les formats TIFF, JPEG, BMP, PDF ou PNG.
  • Page Restorer, est une version de Book Restorer limitée à 50 000 fichiers.

copibook_bw_3_41Accueilli par le PDG, Alain Ricros, j’ai assisté à la démonstration du CopiBook. J’ai été assez stupéfait de sa simplicité de mise en œuvre : pas de menus en cascade et un rendu optimisé automatique. Nul besoin de notice, ça marche tout seul.
Certains établissements ayant fait l’acquisition de ce scanner, le proposent en libre-service à leurs usagers.

Si la numérisation demeure un défi technologique, organisationnel et économique, i2S propose là une panoplie de produits et de compétences qui répondent aux projets de différentes tailles, et qui plus est, sur notre territoire national. La société met aussi son savoir-faire en matière de recherche et développement, au service des projets de R&D européens, et cherche à participer à de futurs consortiums.

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24 octobre 2005

USAGES- Les services culturels numériques des villes moyennes de France

La Fédération des Maires des Villes Moyennes (FMVM), qui regroupe 266 collectivités de 20 000 à 100 000 habitants, a récemment présenté lors des Rencontres des Territoires Numériques d’Agen les résultats d’une enquête sur l’accès et les services numériques.
La FMVM souhaitait mesurer l’accessibilité numérique des villes moyennes et de leurs intercommunalités, ainsi que leurs actions en faveur du développement des TIC en direction des habitants (particuliers et entreprises).
J’étais présent, je me suis particulièrement intéressé aux résultats des services culturels numériques, que je vous propose de passer en revue ici.

Commençons par les éléments clés de l’enquête :
- 266 collectivités (de 20 000 à 100 000 habitants) interrogées
- 173 réponses représentant 71% des villes moyennes et 59% de leurs intercommunalités

Trois volets :
- l’accessibilité numérique,
- les services aux usagers,
- l’administration électronique.

Dans le volet des services aux usagers, sous le chapitre « Informer les habitants », l’enquête précise que 98% des villes moyennes et 77% de leurs intercommunalités disposent d’un site Internet. Voici la répartition des informations proposées sur ces sites :

tab1

Si certaines compétences relèvent davantage des communes que des intercommunalités, qu’en est-il de la culture, ici au 5e rang des informations diffusées par les sites Web de ces dernières ?

Dans l’article du Bulletin des Bibliothèques de France (Février 2001), « Intercommunalité culturelles », il est fort bien expliqué que la culture appartient à la catégorie des compétences optionnelles des intercommunalités. Elle rejoint le marketing territorial et participe à la politique d’aménagement de l’espace plus qu’elle n’est considérée comme un domaine à part entière.
« La culture intercommunale est moins un facteur d’amélioration de l’offre en direction des habitants que le moyen d’assurer une plus grande attractivité du territoire ».

Poursuivons, les sites Internet des villes moyennes et des intercommunalités proposent les services interactifs en ligne suivants :

tab2

La marge de progression des services d’accès à distance aux catalogues des bibliothèques/médiathèques reste importante.

Pour finir, l’enquête précise que 14,5% des villes moyennes et de leurs intercommunalités ont mis en place une carte à puce pour proposer les services suivants :

tab3

Les cartes à puce mises en place par les intercommunalités ont davantage une vocation multiservice que celles proposées par les communes, ce qui explique qu’elles incluent plus souvent l’accès aux services culturels des bibliothèques/médiathèques.

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14 octobre 2005

FR- Quid de l'économie des usages dans la numérisation du patrimoine ?

emicraJ’ai assisté hier matin, à Bordeaux, dans les locaux du Conseil Régional d’Aquitaine à la conférence « Patrimoine, numérisation et accès aux savoirs », co-organisée par Aquitaine Europe Communication et l’agence ARPEL (voir programme).

Une salle comble face à des intervenants de qualité (institutionnels et industriels), dont Jean-Noël Jeanneney (célèbre et brillant président de la BNF), confirme l’importance et l’actualité du sujet pour les professionnels de l’information.
Les thèmes majeurs ont été une fois encore évoqués : Google Print, la bibliothèque numérique européenne, les enjeux culturels et les défis techniques de la numérisation, l’accès au savoir…
Au-delà des particularismes régionaux, peu de choses inédites durant cette matinée, ce qui n’enlève rien à la qualité des prestations.
Toutefois, une chose me surprend fortement. Lorsque la question des coûts et des financements de la numérisation est abordée, sont simplement évoqués avec plus ou moins de précision les investissements étatiques et les fonds européens. Qu’en est-il de l’économie de l’usage ? Je veux dire, dans le détail ?

Étant temporairement installé de l’autre côté de la Manche, j’assiste à de nombreux colloques sur ces mêmes questions de numérisation. Si les enjeux et les défis sont partagés, notre manque de pragmatisme nous démarque complètement de nos voisins anglo-saxons pour ce qui est de l’approche budgétaire des projets, quelle que soit leur échelle.
Les débouchés économiques des contenus numérisés sont ici quantifiés et intégrés au plus tôt de la conception des projets : partenariats avec les grands médias nationaux, déploiement de services à forte valeur ajoutée comme la vente on-line et off-line de contenus dédiés aux industriels, aux scientifiques, aux enseignants, développement de produits multimédias et dérivés, mise en place de boutiques au sein des établissements culturels, etc.
Qu’est-ce que cela signifie ? Bien sûr, les projets ne sont pas pour autant plus ou moins nombreux de part et d’autre de la Manche. Ce qui me paraît différent, c’est que :
- pour la majorité d’entre elles, les initiatives de numérisation au Royaume-Uni sont à l’origine conçues autour d’une rentabilité connue, calculée, programmée,
- la question des usages, des publics et donc de la segmentation des services est intégrée en amont des projets,
- la faisabilité ne repose pas exclusivement sur les politiques de subventions.

Même si la numérisation du patrimoine est une évidence pour tous, je crois que les vrais enjeux seront compris et partagés par la grande institution comme par l’établissement culturel de la petite commune, par le responsable du ministère comme par le professionnel en charge de la manipulation, et par l’usager lui-même, quand la définition des projets s’appuiera davantage sur l’économie des usages et des services.
Est-il vraiment grossier de penser que, dans le domaine culturel aussi, l’innovation puisse être financée par la rentabilité ?

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10 octobre 2005

TIC- L’infobésité, mal de notre société de l’information

poidsQui ne s’est jamais perdu dans la profusion de ses favoris Internet ? N’a jamais téléchargé en cas de besoin, des études, rapports et autres livres blancs finalement jamais lus ? Recherché sur son disque dur un contenu « mis de côté » sans se souvenir où ni sous quelle forme (mél, document Word, PDF, page html, fichier multimédia) ? Rebondis indéfiniment de thématique en thématique au cours d’une séance de veille et été asphyxié par les résultats proposés par un moteur de recherche… ?
Lequel d’entre nous ne connaît pas quotidiennement ce genre de situation ?

L’information numérique abonde, nous en sommes devenus boulimiques. Annie Hudon, journaliste québécoise écrit au sujet de l’infobésité (terme inventé là-bas et reconnu par l'office de la langue française depuis 1995) : « On dit qu'au XVIIe siècle, une personne était exposée au cours de sa vie à moins d'information qu'on en retrouve dans une seule édition du New York Times. » Édifiant !
Le Web ne cesse de croître. En 2000, une étude de Cyveillance estimait que 7 millions de nouvelles pages venaient s'ajouter quotidiennement au Web, le faisant doubler de volume tous les 6 mois.
En 2003, une étude de l'université de Californie estimait la production annuelle 250 Mo d'information par habitant de la planète.
Aujourd’hui, face à la progression exponentielle du nombre d’internautes, aux nombreux programmes de numérisation en cours et aux coûts dérisoires du stockage de masse, difficile d’imaginer la taille réelle du Web et le volume d’informations disponibles en ligne.

Enfin, pour en conclure avec les chiffres, les internautes consacreraient :
- 70 % de leur temps à chercher l'emplacement de l'information
- 25 % à isoler l'information utile de la multitude des informations accolées
- 4 % à consulter des documents relatifs au thème de la recherche
- …et seulement 1 % à comprendre ce qu'ils sont venus chercher.

L’infobésité est le mal de notre société de l’information. Il ne s’agit pas seulement d’un problème d’abondance, mais aussi d’assimilation et de réemploi de l’information, pour l’individu et pour l’organisation, avec les conséquences qu’on imagine sur la productivité et l’efficacité.
Comment lutter ? Quels sont les outils émergents, au-delà de la stricte organisation personnelle (à laquelle il faudrait sans doute consacrer un article exclusif) ?
Sur son excellent blog « Veille pédagogique », Jean-Paul Pinte, enseignant et chercheur de l’université catholique de Lille, propose un schéma des méthodes permettant de faire face à la problématique de l’infobésité.
infobesite

Les métadonnées :
Ce sont des données spécialisées dans la description des contenus. Les professionnels de l’information et du patrimoine génèrent des métadonnées depuis qu’ils gèrent des collections (des notices bibliographiques, des descriptions d’archives ou d’objets muséaux). Elles sont utilisées depuis longtemps par les moteurs de recherche, mais aucun d’entre eux (gratuit ou libre d'accès), ne sait utiliser « intelligemment » ces données en écartant les informations parasites.
Seul le développement du Web sémantique, permettra ce tri intelligent et autorisera les applications logicielles, à partir de contenus en ligne d'origines différentes, à traiter l'information et à échanger des résultats avec d'autres applications, de manière autonome. En réponse à une simple demande vocale, un ordinateur pourra par exemple consulter un musée virtuel pour afficher une peinture en fond d’écran, ou interroger une bibliothèque numérique pour télécharger un livre électronique nouvellement disponible.
Les moteurs de recherche intégrés aux systèmes d’exploitation des ordinateurs individuels se basent de plus en plus sur les métadonnées générées par les applications personnelles. La prochaine version de Windows (Vista) inclura un outil de recherche plus puissant et instantané, comme celui déjà proposé par Mac OS X.

Les agents intelligents :
Un agent (robot logiciel autonome) apprend automatiquement les habitudes et les préférences de l’utilisateur, plus on s’en sert, plus il est efficace. Les recherches sur Internet peuvent être automatisées par les agents intelligents, préférables aux moteurs de recherche en de nombreux points :
• ils utilisent un vocabulaire contrôlé pour parcourir le réseau avec davantage d'efficacité ;
• ils conservent les précédentes recherches, et savent apprendre, et localiser les documents, même s'ils ont été déplacés ;
• ils parcourent continuellement le réseau de manière automatique, aux heures de faible trafic ;
• ils avertissent les usagers de toute nouvelle information répondant à leurs centres d’intérêt.
Les agents savent filtrer l’information et s'adapter aux préférences, à la langue, et au niveau de connaissances de l'utilisateur.

Le texte-mining :
C’est une « Technique permettant d'automatiser le traitement de gros volumes de contenus texte pour en extraire les principales tendances et répertorier de manière statistique les différents sujets évoqués. Les techniques de texte-mining sont surtout utilisées pour des données déjà disponibles au format numérique. Sur Internet, elles peuvent être utilisées pour analyser le contenu des e-mails ou les propos tenus sur des forums. » http://www.definitions-marketing.com/
A cela, viennent s’ajouter les applications capables de produire automatiquement des résumés par filtrage sémantique des textes.

La taxinomie :
« La taxinomie est l'étude théorique de la classification, de ses bases, de ses principes, des méthodes et des règles. A l'origine, le terme "taxonomie" ne s'intéresse qu'à la classification biologique. Aujourd'hui, « la taxinomie ou taxonomie » élargit son champ d'application aux objets de la pensée ». http://projetconnaissance.free.fr/

Les systèmes de cartographie de l’information :
La cartographie permet une représentation claire et synthétique de l’information sous forme de carte. « Elle cherche à éliminer les difficultés qu'on rencontre aux frontières des catégories de classement qu'on se fixe. Par définition, une classification est binaire, globale, statique et ne garantit pas l'unicité (deux utilisateurs pourront aboutir à deux classements différents). Au contraire, la cartographie relativise ces aspects secondaires et met visuellement en évidence les faits majeurs ». http://www.activeille.net/
En se fondant sur l’agrégateur de news de Google, Newsmap détermine l’importance médiatique relative de chaque événement (le nombre d’articles qui lui sont consacrés) et crée un tableau en conséquence, on peut y faire des requêtes croisées sur plusieurs pays et sur plusieurs thèmes.
Autre exemple, le génial moteur de recherche Kartoo.

Cette panoplie d’outils peut se décliner ou se combiner sous différentes formes au niveau des ordinateurs personnels, des serveurs locaux, et des serveurs Web. Ils peuvent être associés aux systèmes de gestion des connaissances (knowledge management), individuels ou collectifs capables d’agréger et de structurer tout type de contenu, et d’en optimiser la recherche et l’usage.

Pour conclure, et pour que ce billet ne contribue pas davantage à l’infobésité ambiante, l’information ne sert à rien si elle n’est pas associée à un contexte, à une temporalité et à une classification, qui la transformeront en connaissance (ou savoir) compréhensible, transmissible et évolutive. Les recettes du knowledge management, du Web sémantique, et du texte-mining doivent nous aider à stocker et échanger des connaissances plutôt que des informations, et devraient contribuer à faire évoluer notre société de l’information vers une société du savoir, qu’on espère plus digeste.

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27 septembre 2005

FAQ- Combien de personnes pour gérer le multimédia dans mon établissement ?

diapositive11On m’a souvent posé cette question. C’est à la fois compliqué, quand on manque de références et simple quand on se base sur les pratiques courantes des médiathèques et ECM.
Comme quelques diapositives valent mieux qu’un long discours, je vous propose de télécharger ce diaporama, édifié à partir des constats du terrain, de certains principes à respecter, et d’une hypothèse de plage d’ouverture au public.
Pour en savoir plus sur les animateurs multimédias, qui ils sont, ce qu’ils font, et ce qu’ils disent de leur métier, la Délégation au Développement et à l’Action Territoriale du Ministère de la Culture propose sur son site une étude (au format RTF).
Elle remonte à 2000, à l’époque, on parlait surtout des emplois jeunes. Même si aujourd’hui les choses ont changé, cette étude n’en demeure pas moins très instructive sur la nature du poste.

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15 septembre 2005

EU- Disponibilité des résultats du projet CALIMERA

logo

Les directives rassemblées par l’équipe de coordination du projet CALIMERA (http://www.calimera.org), financé dans le cadre du 6ème PCRD (programme IST / 2003-2005) de l’Union européenne et maintenant terminé, sont disponibles en français.

Leur objectif est de fournir aux décideurs et aux professionnels travaillant dans les institutions culturelles (en particulier, les bibliothèques, les archives et les musées), un état de l’art, pertinent et synthétique, de l’usage des nouvelles technologies. Ces directives sont conçues dans le but d’expliquer de manière simple et compréhensible les moyens de développer ces nouvelles technologies vers de véritables services numériques, au service des publics et de leurs nouveaux usages – sociaux, culturels et économiques – et de stimuler la créativité de nos réseaux de professionnels. Elles sont aussi conçues avec l’objectif de mieux appréhender le rôle majeur que peuvent jouer les institutions culturelles locales dans la réalisation des grands objectifs des politiques européennes, comme celles reliées au "e-Europe Action Plan".

Ces directives font directement suite à celles produites dans le cadre du projet PULMAN (5ème PCRD, http://www.pulmanweb.org), publiées en 2002/03 et traduites en 26 langues. Les directives CALIMERA sont organisées selon le même schéma. La différence majeure réside dans le fait qu’il ne s’agisse pas seulement d’une actualisation, mais aussi d’un élargissement des perspectives, incluant les services de musées et d’archives, en plus de ceux offerts par les bibliothèques publiques.

Il existe 23 directives au total, organisées en 3 parties traitant des enjeux sociaux, organisationnels et techniques. Un résumé de chaque directive est disponible en ligne, en plus de la version intégrale. La dernière partie de chaque directive est consacrée à une série de références et de liens vers des expériences innovantes, impliquant des institutions culturelles locales et menées en vue d’offrir aux usagers de toute l’Europe les développements les plus actuels.
Enfin, le site propose le téléchargement de « country reports » (exclusivement en anglais) qui dressent un état des lieux sur l’organisation et le fonctionnement des bibliothèques, musées et centres d’archives des 40 pays impliqués dans CALIMERA.

Téléchargement des directives en français : http://www.calimera.org/Countries/France.aspx
Ces directives ont été traduites en français pour en permettre l’accès au plus grand nombre. Cette version est basée sur une traduction littérale de l’anglais. Nous nous excusons par conséquent du style parfois peu littéraire du présent document et vous remercions de votre compréhension.

Merci d'avance pour vos commentaires et remarques, qui permettront à de tels projets d'être toujours plus proches des attentes des professionnels.

Olivier Thiébaut
Coordination pour la France du projet CALIMERA

Posté par Olivier Thiebaut à 15:23 - Articles inédits - Commentaires [0] - Permalien [#]



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